Asthme : comment vivre avec ?

02 mars 2018

Les personnes qui souffrent d'asthme se posent souvent des questions sur divers aspects de leur quotidien : alimentation, activités sportives, voyage, grossesse, etc. En règle générale, un asthme bien contrôlé par les traitements ne modifie en rien la vie quotidienne de la personne asthmatique.
Chez l’adulte, l'asthme est rarement en rapport avec une allergie alimentaire. En revanche, les allergies alimentaires peuvent déclencher d’autres symptômes (urticaire, perturbations digestives). 
Chez l’enfant, les allergies alimentaires sont plus fréquentes et peuvent être liées à des manifestations asthmatiques. Il faut penser à une allergie alimentaire lorsque les crises d’asthme surviennent après les repas et qu’elles sont associées à des démangeaisons des lèvres et de la bouche.
( nécessité de mesures diététiques particulières à certains asthmatiques), l’obésité étant un facteur aggravant de l’asthme.
Observés avec une grande fréquence chez les asthmatiques, les reflux gastro-œsophagiens pourraient parfois aggraver les symptômes d’asthme (relever la tête du lit et éviter de se coucher tout de suite après le repas). 
Chez les personnes asthmatiques, le tabac est formellement déconseillé ( fumer accroît la fréquence des crises et la sévérité de l’asthme). De plus, le tabac diminue l’efficacité de certains médicaments contre l’asthme.
La fumée des autres est également nocive pour les asthmatiques. Le tabagisme des parents est responsable, chez l’enfant asthmatique, d’une aggravation des troubles respiratoires. Le tabagisme maternel durant la grossesse augmente le risque pour l’enfant à naître de développer des troubles respiratoires dans les premières années de sa vie, et peut-être certaines maladies allergiques. 
Les émotions fortes (contrariétés, colère, stress) peuvent déclencher une crise d’asthme par l'accélération importante de la respiration. La surexcitation et le fou rire peuvent également déclencher des crises d’asthme.
L’angoisse peut modifier la perception des symptômes par le patient. Une personne inquiète aura tendance à ressentir de façon plus intense les manifestations de son asthme, ce qui la conduira à se sentir plus essoufflée avec une fonction respiratoire peu modifiée.
Enfin, l’asthme, particulièrement lorsqu’il est sévère et qu’il gène la vie quotidienne, peut entraîner chez certaines personnes de vraies perturbations psychologiques : anxiété (crainte de la crise, peur de mourir étouffé, etc.) ou sentiments dépressifs .
La prise en charge des troubles psychologiques est donc essentielle pour bien équilibrer le traitement, mais elle ne se substitue pas au traitement médical.

Par Dr Najib Lahlou, Allergologue

 
 

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